Editions Sutton

  • De nombreux ouvrages traitent de la seconde guerre mondiale dans la Loire et certains territoires ont fait l'objet de publications très documentées. Rive-de-Gier n'est pas du nombre. Pourtant, cette ville ouvrière, aux prises avec la faim et la misère, bousculée par d'incessants flux et reflux d'hommes, tiraillée entre Saint-Etienne et Lyon, fut très impliquée dans la Résistance. A partir d'une documentation abondante, provenant des archives municipales de Rive-de-Gier ou d'archives privées, l'auteure dresse un tableau d'ensemble de la ville de 1939 à 1945. Les faits, établis au regard de plusieurs sources, sont rapportés avec un souci constant d'objectivité et de respect des personnes. Le récit s'ouvre en septembre 1938, par une manifestation ouvrière contre Daladier, et se clôt au printemps 1945, au retour des déportés et des prisonniers. Michelle Destour nous dépeint Rive-de-Gier et ses habitants mis à mal par l'état de guerre, le régime de Vichy et l'occupation allemande. Puis elle nous décrit la Résistance, les résistants et la répression dont ils sont l'objet et, enfin, les combats de la Libération. Une part importante est faite à l'évocation des femmes et des hommes. Car l'Histoire se nourrit de leur vie quotidienne comme de leur épopée.

  • L´auteur nous raconte ici les grandes vacances de sa famille alsacienne qui, le reste de l´année, résidait à Toulon. Tous les ans, le temps d´un été, lui et son frère se réapproprient la terre de leurs parents et de leurs grands-parents : de juillet à septembre, les enfants participent aux travaux de la ferme, comme la moisson, la distillation du schnaps et l´abattage du cochon. Ils assistent à la messe du dimanche et participent à la joyeuse fête locale, la kilbe, avant de découvrir le canal du Rhône au Rhin. Une belle promenade, touchante, dans les années 1950, au coeur d´un village alsacien typique. Jean-Charles Meyer, qui n´a rien oublié de ses racines, se définit lui-même comme un « Alsacien de culture provençale ». Un mélange haut en couleur qui nous replonge dans les chauds étés de notre propre enfance.

  • La modernité n'est pas entrée à la maison, en dehors de quelques ampoules électriques. Pas de radio. Une seule pièce chauffée, la cuisine ; dans les chambres, le gel de l'hiver transforme en éphémères motifs de givre la buée couvrant les vitres. Les aliments fragiles sont conservés dans un simple garde-manger grillagé pour les protéger des insectes et des souris. Mais, bien que placés dans la cave, ils deviennent rances ou se couvrent de moisissures au bout de trois jours. » André Ligné présente ainsi le cadre de vie d'un petit Sarthois en 1944. Mélange de réalité et de fiction, le récit s'attache à rappeler, par petites touches, l'évolution de ce gamin de l'âge de 8 à 16 ans, et à recréer l'atmosphère de cette époque. Les derniers mois de la guerre, la discipline familiale, l'école primaire et le cours complémentaire, les perspectives d'avenir constituent la trame de ce récit. Il en ressort une enfance à l'opposé de celles ordinairement décrites, faites de bonheur et d'insouciance.

  • En ce début de juin 1914, Ludwig et ses deux amis se rendent à la grande fête patronale de leur village. Mais de sombres présages s'accumulent. Ludwig vit en Alsace, alors allemande, et la guerre éclate. Soldat allemand, Ludwig part combattre en Russie jusqu'en 1917 pour se retrouver, en 1918, sur le front de la Somme. Après ces années passées dans l'enfer des tranchées, il revient en Alsace, restituée à la France par le traité de Versailles. La nouvelle administration s'installe et impose l'usage de la langue française que la génération de Ludwig ne comprend pas. Privé de parole et incapable d'oubli, il entreprend alors l'apprentissage de sa « nouvelle langue » et consigne son odyssée, allemande, sur des cahiers qu'il appelle ses « Cahiers français ». « Und da sollen wir alles wieder gründlich lernen, als hätten wir nichts erlebt » (Ainsi devons-nous tout réapprendre, comme si nous n'avions rien vécu), écrit Ludwig dès sa démobilisation. Dans ce roman « à deux voix », Roland Goeller évoque un volet peu connu de la Grande Guerre et le traumatisme de cette « langue confisquée », mise sous le boisseau de l'Histoire.

  • La Loire fut longtemps un important bassin minier. Son paysage garde encore les traces de ce passé. Certains puits de mine ou terrils, toujours visibles, témoignent de cette histoire industrielle. Les hommes n'ont pas oublié non plus. Certains se souviennent, d'autres transmettent les histoires qu'ils ont entendues étant enfants. Des textes demeurent également. De précieux écrits de visiteurs, journalistes ou écrivains rendent compte de leur vision des mines, des hommes qui les animaient. Si dans leur précédent ouvrage, Mémoire de mineurs, Jérôme Sagnard et Joseph Berthet avaient fait parler les mineurs, ce nouveau volume est une anthologie illustrée. Textes, chansons, poèmes, articles de journaux, du XVIIe au XXe siècle, nous renseignent sur la vie dans les bassins miniers du département. Les cartes postales anciennes qui les accompagnent renforcent le réalisme ou la puissance évocatrice des extraits. Ainsi, au fil des pages, nous découvrons l'histoire de cette terre de mineurs,de cette terre de laber. Mémoire de mineurs dans le bassin stéphanois, paru en 2004 dans la même collection, a connu un franc succès. Jérôme Sagnard et Joseph Berthet ont complété ce recueil de témoignages par des extraits de textes recensés lors de leurs recherches. Ils rendent à nouveau un bel hommage aux hommes et aux femmes de leur région.

  • La Petite France ne ressemble plus aujourd'hui à ce cloaque nauséabond que mentionnent les chroniques du Moyen Age ni, plus récemment, à ce quartier populaire dont nombreuses sont les familles qui ont été relogées en périphérie.
    Il est aujourd'hui le quartier touristique de la ville le plus photographié, mais on n'y entend plus le bruit de ses fabriques ni celui de ses artisans. On n'y sent plus le chocolat, la charcuterie et le café. Ce fut le prix à payer pour gagner en coquetterie et attirer une nouvelle population. La Grand'Rue aussi s'est faite coquette. Le promeneur a du mal à imaginer que c'était l'axe principal de Strasbourg où se concentraient tous les commerces et où les bistrots fleurissaient avec leur faune haute en couleur. On avait honte de dire qu'on y habitait. « C'était un quartier mal famé, un coupe-gorge. » Le temps ayant passé, les habitants de la Petite France et de la Grand'Rue portent cependant un regard nostalgique sur ce quartier qui était tout simplement plus humain.

  • Nous sommes en 1908 à Monségur, en Gironde. La nuit, un homme grimé sème la terreur, multipliant les tentatives d'assassinat, les incendies, les vols. Puis les dangereux chevaliers du crime apparaissent, signant leurs forfaits, défiant la police et la justice en annonçant constamment de nouveaux crimes plus terribles que les précédents. L'effroi de la population est tel qu'on appelle alors la 7e brigade de police mobile, c'est-à-dire les fameuses Brigades du Tigre, pour élucider l'affaire. A partir de la consultation des archives et du dépouillement de la presse régionale et nationale, Benoît Pénicaud est parvenu à reconstituer cette intrigue jusqu'à son dénouement, complètement inattendu, qui eut lieu seulement quinze ans plus tard. Revivez cette enquête passionnante en suivant, pas à pas, les investigations menées par les Brigades du Tigre.

  • Pour ne jamais oublier le martyre de ces hommes et de ces femmes, originaires du Nord-Pas-de-Calais, déportés par mesure de répression ou de persécution pendant les années sombres de la seconde guerre mondiale, les derniers survivants témoignent et racontent leur combat pour la vie. Plus de soixante-dix ans après la libération des camps nazis, ce livre est un bel hommage rendu à la dignité humaine. De formation universitaire, Mickaël Roussel est diplômé en histoire et passionné de photographie. Grâce à ce recueil, il apporte une modeste pierre à l'édifice du devoir de Mémoire.

  • Depuis l'époque romaine, Clermont-l'Hérault demeure un carrefour commercial grâce à son marché hebdomadaire, ses très nombreux commerces en centre-ville et ses zones d'activités modernes. Grâce à une sélection d'environ 350 documents d'archives, Patrick Hernandez fait revivre le commerce, les marchés, les foires ou les anciens métiers clermontais. Au fil des pages, les rues s'animent et nous retrouvons des devantures ou des étals aujourd'hui disparus. Photographies et cartes postales sont enrichies de précieux témoignages. Des habitants évoquent avec émotion la vie économique et sociale de Clarmoun-l'Eraou, de la Belle Epoque aux Trente Glorieuses.Patrick Hernandez a composé un bel ouvrage riche en souvenirs et anecdotes pour le plus grand plaisir des anciens, mais aussi des plus jeunes.

  • Les souvenirs livrés par Christian, son enfance alsacienne juste après guerre dans une région à maintes reprises ballottée par l'Histoire, font surgir des portraits d'habitants disparus : celui du garde champêtre, «?crieur public?» qui annonçait son passage en agitant une cloche à bout de bras, celui de l'instituteur, qui exerçait parallèlement la fonction de secrétaire de mairie, ou encore celui du médecin de campagne. Il émerge des replis de la mémoire des travaux agricoles aujourd'hui évanouis comme la traite manuelle des vaches, la cueillette des feuilles de tabac par les enfants ou le ramassage des doryphores. Et puis il y a l'évocation de l'école primaire, avec sa classe unique où le nombre d'élèves variait, selon les années, entre 26 et 36?; l'évocation de la religion et de son chapelet d'offices mais aussi les moments festifs non religieux : la fête du village, avec son bal sur un plancher en bois que l'on savonnait avant les valses, ou la foire annuelle aux bestiaux à la sous-préfecture. On perçoit bien la soumission du paysan aux rythmes des saisons, sa résignation face aux conditions météorologiques.Ce récit est une invitation au voyage dans l'univers de l'enfance, pérégrinations où la résurgence de visages, de sons, de couleurs, d'odeurs, de noms met de la joie au coeur.Marie Elisabeth Clauser, jeune retraitée de l'Education nationale, s'est convertie à la biographie familiale. Elle raconte ici les années 1950, ce récit étant le fruit de nombreux entretiens avec son vieil ami paysan du Sundgau et son épouse.

  • En septembre 1922, à Brousse, dans l'ouest de l'Anatolie, la famille arménienne des Adjemian est contrainte à un départ dramatique vers la France. Au même moment, près de Constantinople, ce sont les Arméniens de la famille Babadjian qui doivent également quitter ce pays en construction qui ne veut plus d'eux. Les deux familles, parmi d'autres, arrivent sur le territoire français dans un tourbillon de difficultés. Leur mémoire, restée vive, a été transmise à leurs descendants, dont elle a marqué les jeunes esprits et construit la vie d'adulte. C'est la mémoire de l'exil, en qui se reconnaîtront nombre de familles, et pas seulement arméniennes. C'est aussi celle des premiers temps en France, à Paris et dans sa banlieue, où les parents comme les enfants se sont progressivement intégrés jusqu'à y rester définitivement. Ce sont bien ces tragédies familiales, ce microcosme de petites réalités qui contribuent, comme toujours, à construire la « grande » Histoire, commune à tous. Nicole Bourgeois et Marie-Hélène Babadjian-Van Dooren sont toutes deux professeurs d'histoire en lycée et passionnées par l'histoire arménienne.

  • Que de chemin parcouru depuis le premier volet de cette saga berrichonne, histoire de toute une vie débutée dans les années 1930 !

    Le mardi suivant, une heure avant la fermeture des ateliers, sur un mot d'ordre des dirigeants syndicaux, tous les ouvriers débrayèrent, montèrent dans les cars mis à leur disposition et se donnèrent rendezvous en gare de Châteauroux. Ils pénétrèrent dans le hall, brandissant pancartes et banderoles, achetèrent des billets de quai au distributeur automatique qui, effrayé, ne tarda pas à tomber en panne. Ils envahirent le quai n° 1, noir de monde. Le rapide Toulouse-Paris entra en gare et stoppa. Aussitôt, Périgord et ses camarades se scindèrent en deux groupes : les uns distribuèrent des tracts aux voyageurs étonnés par tout ce remue-ménage, tandis que les autres descendaient sur la voie, devant la locomotive [...]. » La saga berrichonne de Jean-Pierre Muller se poursuit avec ce cinquième volet de l'histoire des Fromentin et de leur neveu, Vincent Pâtureau. Cette fois-ci, ce sont les événements de mai 1968 qui constituent le socle sur lequel s'appuie l'auteur pour nous expliquer l'évolution des pratiques sociales et culturelles dans l'Indre, mais aussi à l'échelle du pays.

  • Le 17 juillet 1911, Benjamin, fils de marinier, se trouve immobilisé à Véretz suite à un accident survenu sur le chaland de son père. Recueilli par la famille Fabre le temps de sa convalescence, il tient un journal dans lequel il décrit sa vie en Touraine. Ce récit est imaginaire mais il s'inspire de faits réels. Nous voilà plongés dans le quotidien de cette commune rurale au début du XXe siècle. Au fil des jours, Benjamin découvre les us et coutumes de ses hôtes et de leurs voisins, les figures véretzoises, les paysages...
    Car s'il connaît bien le Cher pour y avoir déjà navigué avec son père, vignes et champignonnières lui sont inconnues. Comme Benjamin, nous apprenons les gestes du maréchal-ferrant ou ceux du sabotier, nous découvrons la ferveur villageoise lors de la fête du 15 août et nous assistons à des veillées familiales aujourd'hui disparues. Sans nostalgie, ce récit, écrit à quatre mains, nous rappelle que nous aussi, chaque jour, nous devenons un moment d'histoire.

  • Regards croisés entre Poilus et gens de l'arrière, entre la vie sur le front et celle despopulations rurales d'un département du centre de la France... Dans cet ouvrage consacré à la vie quotidienne des Indriens pendant la première guerre mondiale, l'ethno-historien Daniel Bernard livre des témoignages, des récits et des documents inédits recueillis lors de ses enquêtes de terrain et dans les dépôts d'archives. Les prolongements de l'immédiat après-guerre permettent également de mesurer l'impact du traumatisme subi par toute une génération. Docteur en anthropologie sociale et historique, Daniel Bernard a publié de nombreuses études concernant l'histoire du loup en France, l'ethnographie et le folklore du pays de George Sand, ainsi que des ouvrages sur le patrimoine du Berry et l'histoire de l'Indre.

  • Après la capitulation de la France, en Alsace et en Moselle annexées, sous la férule des Gauleiter Wagner et Bürckel, c'est l'incorporation de force. Ces hautes autorités nazies instaurent aussi le RAD (Reicharbeitsdienst), ou service de travail, doublé d'une préparation militaire. Les premiers conseils de révision débutent en mars 1941 et visent aussi bien les filles que les garçons. Les derniers à être « appelés » sont nés en 1926, 1927 et 1928, et ce sont alors des jeunes gens de 16 à 18 ans.
    Ce livre propose de donner un éclairage nouveau sur les RAD, dont on a parfois oublié l'existence et qui ont dû se battre pour la reconnaissance de leur statut d'incorporés de force, éclipsés par les Malgré-Nous ayant porté les armes dans la Wehrmacht. A l'appui de témoignages, l'ouvrage raconte leur histoire hors du commun et la controverse alsaco-alsacienne qu'ils ont suscitée malgré eux un demi-siècle après leur libération.

  • « Allô, Pierre Loti, allô Pierre Loti, venez vite, je vous en supplie, dépêchez-vous », répétait une voix d'enfant dans la radio du bord. Cette voix qui n'en finit pas d'appeler sur une mer déchaînée, Henri n'est pas près de l'oublier. [.] La tornade frappe les Landes et le Pays basque. Toutes les stations du littoral, Cap-Ferret, Arcachon, Soustons, Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, sont en alerte.
    Le Pierre Loti prend la mer et sa première intervention est pour le voilier Margar, d'où une petite fille lance cet appel déchirant : voiles lacérées, trois personnes malades à bord. Seule et avec un cran étonnant, la petite fille fait face. Elle connaît le canot de sauvetage de Saint-Jean-de-Luz et son nom pour l'avoir souvent vu dans le port. Malgré la mer énorme, le Pierre Loti fonce vers le point d'appel. Les canotiers sont muets ; ils ont connu bien des sorties, mais rarement aussi difficiles que celle-ci.

    Impossible d'approcher le bateau sans dégât, alors Tony se jette à l'eau avec l'aussière. Les plongeurs du Pierre Loti passent leur remorque. Au fil des minutes, et malgré la violence du coup de vent, chacun reprend alors confiance. Le Pierre Loti conduit le Margar et ses quatre rescapés au port. Une petite fille essuie enfin des larmes au goût de sel. Elle n'avait pas oublié ces hommes qu'elle avait croisés sur les quais, ces hommes en chandail bleu marine brodé de quatre lettres blanches : SNSM. » De l'île d'Oléron à la frontière espagnole, la Société nationale de sauvetage en mer est solidement installée, disposant d'un maillage très serré de stations équipées de canots tous temps, de nombreuses vedettes de toutes catégories, sans oublier les postes saisonniers. Ce nouvel hommage de Michel Giard aux sauveteurs en mer s'inscrit dans un projet plus vaste et fait suite à deux ouvrages sur les stations de Bretagne et de la côte atlantique (de Quiberon à l'île d'Aix). Bon vent !

  • Parti de rien, bâti sur les anciens méandres du Drac, un fougueux torrent alpin dompté par les hommes, le quartier Saint-Bruno fut le principal centre industriel de Grenoble dès 1850. Dans ce quartier populaire et cosmopolite ont vécu et travaillé durement plusieurs générations d'ouvriers, d'artisans et d'employés modestes, fiers d'avoir été à l'avant-garde des conquêtes sociales.
    Curieux quartier que celui de Saint-Bruno où prêtres, patrons et ouvriers, malgré leurs différences sociales, ont su un moment se rassembler pour lutter contre la misère et pour la dignité de l'homme. Quartier parfois frondeur mais toujours attachant, il s'est souvent élevé contre l'injustice et l'envahisseur.
    A la suite des deux guerres mondiales, après avoir perdu la plus grande partie de ses industries, Saint-Bruno s'est reconverti dans des activités innovantes basées sur la recherche scientifique, s'ouvrant ainsi sur un avenir prometteur.


    Cet ouvrage en est le reflet, illustré par les témoignages d'anciens du quartier recueillis par cinq étudiants de l'IUT 2 de Grenoble.

  • Après avoir présenté les souvenirs de la naissance touristique et « littéraire » du bassin et de la ville d'Arcachon en 1857, l'historien Jacques Clémens rassemble et commente dans ce second opus de nouveaux souvenirs littéraires du XIXe siècle sur la forêt autour de La Teste et d'Arcachon. La forêt autant que le bassin ou l'Océan ont été, dès les temps les plus anciens, un espace naturel fondamental dans la vie des habitants du pays de Buch, les Bougès, mais aussi pour les estrangeys amoureux de ce lieu de plaisance exceptionnel.
    Le premier souvenir de la forêt évoque un espace de chasse et de cueillette qui est devenu, dès le XVIIIe siècle, un moyen de « conquête des sols », par rapport
    à un adversaire naturel, l'invasion des sables marins et la « stérilité » des landes qui constituaient une véritable « frontière » de civilisation. Un autre souvenir retrace les semis des pins maritimes, fixant les dunes et valorisant durablement le pays. Mais la forêt de La Teste, aux portes d'Arcachon, c'est avant tout le souvenir d'une communauté première d'habitants, celle du captalat de Buch, une véritable institution de proximité qui gérait la forêt et ses usages.
    Les textes rassemblés ici par Jacques Clémens nous démontrent que, derrière le territoire de la forêt d'Arcachon d'aujourd'hui, se cachent une histoire et une aventure humaine exemplaires à plus d'un titre, qui dépassent largement les limites géographiques du Bassin.

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