• Histoire du couple

    Jean-Claude Bologne

    On étudie traditionnellement le couple à travers le prisme du mariage. Or celui-ci n'est qu'une forme de couple parmi d'autres, rejetant à la marge ce qui lui échappe : concubinage, amour libre, pacs, relation extraconjugale, mais aussi fratrie, compagnonnage médiéval ou amitié exclusive. Notre imaginaire associe pourtant Castor à Pollux plus qu'à sa femme Hilaïre, Montaigne à La Boétie et Rodin à Camille Claudel.
    D'abord multiples, les unions se sont progressivement cristallisées autour de la notion d'amour héritée d'une conception chrétienne et exclusive du couple. Cette alliance indissoluble a inscrit le couple idéal dans la durée. Mais qu'est-ce que le couple ? Comment se forme-t-il et sur quoi repose-t-il ? Les enjeux de nos sociétés modernes, l'évolution des mentalités et les récentes réformes législatives ont-ils modifié sa conception ?
    Entreprenant de lui rendre son ampleur, Jean Claude Bologne retrace pour la première fois son histoire, de l'Antiquité à nos jours.

  • « Nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens » écrivait saint Paul aux Corinthiens. Il se réclamait pourtant d'un Christ qui avait dit : « Malheur à l'homme par qui le scandale arrive ».
    Deux mille ans plus tard, l'ambiguïté du mot « scandale » se manifeste avec fracas dans nos sociétés surmédiatisées. De l'art contemporain aux caricatures journalistiques, des questions de moeurs aux grands procès criminels, d'affaires d'Etat en affaires sanitaires, les scandales ponctuent notre actualité et heurtent les consciences dans un monde qui se croyait sécularisé mais demeure tributaire de valeurs intouchables.
    C'est à ce paradoxe et à ses multiples significations que se consacre avec érudition, humour et finesse Jean-Claude Bologne, dont les nombreux ouvrages ont exploré l'histoire de la pudeur, celles du célibat, de la conquête amoureuse, de la coquetterie masculine. Les contradictions de notre temps, où s'indigner est devenu une vertu mais où surgissent de nouveaux carcans moralistes, sont mises au jour dans cet essai à la fois rigoureux et ... délicieusement scandaleux.

  • Il n'est plus temps de s'inquiéter. Est arrivée l'évidence. Et maintenant ? Repartir de rien ? Non, des enfants ont été protégés. Peu. Sous la garde de quelques adultes. Et puis ? Et puis, il faut de la patience, de l'espoir. La conviction que le niveau de l'acide baissera. Qu'il faudra alors trouver le moyen de franchir ce mur de diamant expansé qu'il leur est interdit d'approcher. Et puis, pour retrouver quoi ? Un discours des origines ?
    Lorsque la plume d'un Jean Claude Bologne s'attache à un genre tel celui du roman d'anticipation, on ne peut s'empêcher, face au vertige qui s'empare du lecteur, d'y lire de curieuses prophéties.
    Et si nous étions condamnés à manger des corbeaux ?
    /> Et si tout ceci n'était que le rêve éveillé d'un corbeau blanc ?
    (Otto Ganz)

  • Pour survivre à la fin de son histoire avec Christophe, Véronique entreprend un long voyage à travers l'espace et le temps, à la rencontre de ces autres femmes qui, sur sept siècles, ont commis comme elle la faute originelle : vivre pour l'autre, par l'autre, jusqu'à s'anéantir. Édith Piaf, Julia Daudet, Maria-Ana Alcoforado, sainte Lutgarde : les identités se multiplient, les destinées s'enchevêtrent et se répondent dans un jeu de miroirs incessant, à la poursuite de cette énigme universelle et complexe qu'est la relation amoureuse.

  • Rituaire

    Jean-Claude Bologne

    Les rites ici répertoriés viennent de tous les horizons et de toutes les époques.
    L'auteur s'y glisse et nous livre , pour chaque lettre de l'alphabet, un texte de fiction de toute beauté.

  • Les chevaliers connaissaient l'art d'"alourder" les femmes ; Villon a plus que tout autre "galé" du temps de sa jeunesse folle ; tour à tour les garçons ont "séduit", "conté fleurette", "coqueté", "flirté" ou dragué.
    Au sens strict, la drague est indissociable des années 1950, mais ses ruses et ses mécanismes psychologiques sont millénaires. Ses démarches sont multiples, ses références variables, quant aux conceptions... Peut-on parler de la même manière à rame d'une jeune fille ou à son ça inconscient ? On ne tient pas le même discours si l'on se fie à son coeur ou à ses phéromones. En interrogeant les arts de séduire depuis Ovide jusqu'aux Pick-up artists, en étudiant les tactiques d'Alcibiade à Casanova, ce livre tente de comprendre comment, depuis toujours, garçons et filles ont sauté le pas le plus hasardeux : le premier.

  • Léon-Joseph Massoulat, après sa mort, arrive en enfer. Il découvre d'étranges lieux, en trompe-l'oeil, des décors de théâtre sur plusieurs niveaux, formés de toutes les représentations imaginaires que l'humanité s'est forgée sur l'outre-tombe.
    Mais ce Léon-Joseph, de son vivant redoutable syndicaliste, pose la question la plus saugrenue : cet enfer est-il aux normes de sécurité, et d'accès facile aux personnes à mobilité réduite ? Ce problème sème le désordre dans l'au-delà.
    Du portier Sabnac au puissant Baalbérith, du brigadier Cattiminus à l'huissier Tutivillus, de la taverne de Kobal au réseau Facebouc, on discute ferme, à coups d'arguments théologiques et de rappels au code de la construction.
    D'autant plus que l'Apocalypse semble imminente, et que Dieu lui-même s'en mêle : n'est-il pas temps de laisser aux hommes la gestion de leur monde ?
    Cette fable, aux allures de farce drolatique, savante mais burlesque, prend peu à peu la dimension d'un suspense métaphysique, et surtout du drame intime d'un humain confronté à son passé, à sa responsabilité devant l'univers.

  • La richesse de la langue illustrée à travers symboles, mythes et légendes attachés aux expressions chiffrées. La preuve par neuf dans cet ouvrage !

  • Histoire de la pudeur

    Jean-Claude Bologne

    • Pluriel
    • 23 Février 2011

    Une histoire de la construction et de l'évolution du sentiment de pudeur dans le monde occidental, depuis le haut Moyen Age jusqu'à nos jours, pour comprendre le rapport entre corps et nudité.

  • Août 2009, le soleil rallume la guerre des piscines en interdisant le burkini, tenue couvrante qui se veut conforme aux règles de l'islam. Un demi- siècle plus tôt, le monokini aurait semblé aussi impudique qu'indécent. Pour un homme, la question ne se poserait pas : il ne peut exposer avec pudeur sa nudité. La pudeur est une affaire féminine.C'est donc en quelque sorte l'histoire du voile qui se dessine en même temps que celle de la pudeur. Non simplement celle du voile matériel mais celle du voile immatériel, chargé de cacher ce qui ne saurait se voir. Pour la mentalité occidentale, qui a sexualisé le vêtement en désérotisant la nudité, c'est le voile qui est impudique, car il rappelle que le corps de la femme est objet de désir, alors que toute notre culture a évolué vers la sexualisation du regard et non de la nudité. La femme est toujours recouverte d'un voile naturel qui masque sa nudité sans nier sa féminité, qui répond aux exigences humaines de décence et bienséance. La sexuation de la pudeur est indépendante de sa sexualisation :
    L'éclat de rire (qui choquait chez une femme), les larmes (ridicules chez un homme) constituent bien une sexuation de la pudeur, même s'ils n'ont rien de sexuel. Redessinée par le multiculturalisme et par le déplacement des frontières de l'intimité, l'histoire de la pudeur est presque aussi riche durant ces vingt dernières années que pendant les vingt premiers siècles.

  • A la diffrence de la citation, l'allusion est bien vivante dans la langue. Elle est utilise sans rfrence, et souvent de faon approximative ou dtourne.

  • Sur le point de partir à la retraite, Hervé veut mettre de l'ordre dans ses souvenirs. Un drame survenu trente ans plus tôt a marqué son existence. Ses anciens collègues, tous plus âgés, s'en souviennent-ils ? Accepteront-ils de témoigner, quand ils ont préféré oublier leur culpabilité diffuse ? A moins que leurs souvenirs volontairement déformés ne lancent Hervé sur une fausse piste... Des questions plus graves se posent alors à lui, sur la réalité de ce qu'il a vécu, du monde qui l'entoure, et sur lui-même. Il s'obstine, cherche à reconstituer le puzzle avec des pièces disparates, contradictoires. En changeant le nom des protagonistes, un de ses anciens collègues n'a-t-il pas transformé la personnalité des acteurs ? Les documents produits ne sont-ils pas des faux ? Et la mort elle-même n'est-elle pas un masque oe Ce qui reste vrai, c'est l'atmosphère confinée de cette entreprise informatique, « L'Arc-en-Ciel », qui a fini par absorber totalement la vie de ses employés, et qui a empoisonné les rapports entre les sept cadres de l'équipe. Mais, s'il y a eu meurtre, l'atmosphère peut-elle être coupable ? Au fait, un ange peut-il mourir oe Jean Claude Bologne, romancier, nouvelliste et essayiste, a reçu le prix Rossel en 1989 pour La Faute des femmes. Il nous livre ici un roman aux multiples facettes, entre « nouvelle économie » et « nouvelle fiction ».

  • Nous avions vécu des moments intenses.
    Retrouver des vases enfouis depuis près de deux mille ans et sur lesquels avait été gravée la voix du Christ en personne, voilà qui monterait à la tête de garçons plus solides que ce doux poète. Peut-être pourriez-vous me préciser ce qu'il faisait en ce couvent ? Il cherchait un livre. Le regard en coin, à nouveau. Il n'eut pas besoin de me le traduire. Et vous ? J'y cherchais un cadavre. Nos regards se croisèrent furtivement.
    Elémentaire, mon cher Holmes.

  • " Encore une ce matin ! Si mon compte est correct, voilà la septième victime d'une crise cardiaque au Vatican en l'espace de huit jours.
    Incroyable, vous ne trouvez pas ? Voilà enfin un mystère à votre taille ! Holmes vous m'écoutez ?
    - Hmm ? Désolé, Watson, je crains que les subtilités de la diplomatie papiste défient l'imagination pondérée d'un anglican rationnel. " Que manque-t-il au célèbre duo pour faire chanter un vase antique, pour retrouver le testament de Lautréamont avant qu'il ne s'efface, ou pour déjouer une conjuration infernale visant à décerveler les poètes ?
    Un grain de folie, peut-être, un peu de poésie et une bonne dose d'humour continental.
    Confrontés, dans un savoureux pastiche, à Charles Cros, à Rimbaud ou aux mânes de Lautréamont, nos deux compères se mettent en quête du secret des lettres, au risque d'y perdre eux aussi leur âme.
    Au moins auront-ils découvert qu'ils en avaient une...

  • « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » : le mariage, dans le conte traditionnel, marque la fin de l'histoire. Que de clichés véhiculés dans cette simple formule ! Le bonheur est lié au mariage, et le célibat pourrait se résumer à cette quête ; comme le bonheur, l'état matrimonial se mesure au nombre d'enfants, surtout chez les princesses. Ce que dit explicitement, et non sans une touchante naïveté, la formule consacrée des contes, la littérature le manifeste depuis l'origine : le roman d'amour, les intrigues théâtrales, la poésie, les opéras mettent en scène des célibataires beaucoup plus souvent que des gens mariés.


    Et pourtant, le célibat n'a guère inspiré les historiens. A l'inverse, le mariage, qui ne constitue pas un thème très fécond en littérature (à moins, bien sûr, d'être malheureux ou adultère), a été largement scruté par eux.

    Le célibat peut devenir, et l'est de plus en plus souvent aujourd'hui, un état permanent que l'on ne songe pas à quitter. Si le lieu commun du célibataire en attente d'accomplis-sement a eu sa justification jadis, il ne correspond plus à la réalité de notre temps. Il n'est plus une salle d'attente, mais un mode de vie assumé, repris à l'occasion par les gens mariés et retrouvé tout naturellement par les divorcés.

    C'est un marché, aussi, qui s'est développé de façon spectaculaire ces dernières années : qu'il suffise d'évoquer la réduction des portions dans les magasins d'alimentation, les sièges isolés dans les trains, les clubs de voyages jouant la carte de la solitude, la vogue du dating, les séries et les émissions télévisées. Le premier salon du célibataire, qui se réclame de la « céliberté », a ouvert ses portes en novembre 2002. Oui, le célibat est de plus en plus à la mode.

    C'est un des buts de cet ouvrage de redéfinir le célibat, selon la réalité historique et non selon des critères préconçus et immuables.

  • Un dictionnaire retraçant l'origine et le sens d'expressions issues de l'Ancien et du Nouveau Testament : pour rendre à César ce qui lui appartient !

  • Qui m’aime me suive ! Les délices de Capoue... La réforme, oui, la chienlit, non ! Tout est perdu fors l’honneur… Un coup de Jarnac, un baiser Lamourette, le bâton de maréchal, l’œuf de Colomb… J C Bologne met en scène les expressions dans leur contexte d’origine et témoigne de leur vitalité en relevant leur usage de nos jours — un clin d’œil à l’Histoire, qui porte souvent à sourire : on s’amusera de l’origine de l’expression « du bois dont on fait les flûtes » ; on apprendra que « faire la queue » date de l’exécution de Robespierre ; et l’on saura « briller par son absence » sans être Cassius ou Brutus. > Environ 200 expressions commentées avec références historiques et sources ; contexte de l’anecdote ou du mot ; utilisations dans la langue actuelle (exemples relevés dans la littérature contemporaine, la presse écrite et audio-visuelle, ou sur Internet). > En annexe, une centaine d’expressions (moins utilisées) resituées dans leur contexte. > Le classement alphabétique des expressions par le mot-clé et l’index permettent de retrouver facilement les citations et leur auteur.

  • Il y a quarante ans, Jean-Claude Bologne vécut une expérience personnelle, fulgurante mais éphémère, de l'absolu, qui pour lui n'avait rien à voir avec le religieux (« Le mot Dieu ne m'a jamais traversé. Parlons de joie »). Depuis, il n'a eu de cesse d'explorer dans l'histoire et la littérature les signes d'expériences semblables, qui peuvent avoir été vécues par des non croyants convaincus comme par des croyants (mais dans ce cas, l'expérience en question est distincte de leur foi, sans nom, sans prière, sans Dieu). Apollinaire, Bataille, Blanchot, Borges, Breton, Char, Huxley, Ionesco, Jaccottet, Mallarmé, Michaux, Nietzsche, Proust, Rilke, etc croisent les mystiques de la théologie négative (Maître Eckhart, Angelus Silesius.) et même des auteurs beaucoup plus contemporains (Eric-Emmanuel Schmitt, Comte-Sponville, Ringlet.) dans une fresque brillante qui donne à penser à tous.

  • Ramsès II a presque soixante ans lorsqu'il tombe amoureux au premier regard d'une jeune princesse dont il fait aussitôt son épouse : voici le premier « coup de foudre » historiquement attesté. Trois mille ans plus tard, Stendhal, qui trouve l'expression ridicule, en convient : « La chose existe ».
    Aujourd'hui, elle est loin d'être remise en question !
    Mais comment s'explique cette mystérieuse et soudaine attirance entre deux êtres ? Par la sensibilité ou la science (des atomes crochus... ou des phéromones) ? Le surnaturel (la flèche de Cupidon... ou l'intervention du Malin) ? Une pure attraction physique ou un phénomène chimique ?
    Si le coup de foudre conserve toute sa part de mystère, Jean Claude Bologne en donne une lecture aussi inattendue que pertinente. En s'appuyant sur de nombreux récits empruntés à l'Histoire, à la légende et à la littérature, son enquête soulève au passage un passionnant paradoxe : notre époque cultive l'individualisme, la sécurité et le rationnel, mais elle ne rêve que de passions « enchaînantes », de surprises et de risques...

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