• La poésie, technique de pointe en littérature, est par essence force symbolique d'insoumission. Dans ce livre, deux dissidents lyriques des siècles précédents l'attestent.
    Charles Baudelaire (1821 - 1867) est envisagé en tant que poète élémentaire, tributaire des éléments air, eau et feu associés à trois années primordiales : 1848, 1857 et 1866, dates respectives de la Révolution, du recueil essentiel Les Fleurs du mal et de l'accident marquant la fin de sa vie. Baudelaire est également cerné par les nombres ? notamment le 3 et le 9. Orienté par les éléments et les nombres, il connaît ainsi poétiquement une forme d'initiation.
    Gilbert Lely (1904 - 1985) fait l'objet de trois études dans le même esprit symbolique. L'auteur capital de la Vie du marquis de Sade, thuriféraire, éditeur et biographe scrupuleux de D. A. F. de Sade, est avant tout le poète de l'érotisme le plus sacré.
    Ces poètes dandys demeurent affiliés à la figure tutélaire de Sade ? icône absolue qui demeurera irrémédiablement, là-bas, en surplomb.

  • Cet essai, envisageant Sade à la lettre, évoque le passage à l'acte, lorsque le prisonnier devient écrivain. Le centre de gravité en est le Donjon de Vincennes, où il est enfermé pendant 7 ans (1777-1784), a priori son seul tombeau. Là, il connaît les expériences fondamentales, l'angoisse, l'amour, la joie. Là, surtout, il se perd : de la déchéance physique à la ruine mentale, du plaisir solitaire aux affres de la pensée, de la correspondance forcée à la littérature, de la mélancolie à l'ésotérisme...
    Les 365 fragments de cet essai constituent autant de découpes d'une roue dentée conduisant mécaniquement à l'extrême de la perte, là où se tiendrait la poésie - car Sade, qu'on le veuille ou non, est un poète : son livre majeur, Les 120 Journées de Sodome, scelle son cercueil poétique.

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