• L'imaginaire de la première guerre mondiale s'embarrasse peu des prisonniers ! Le relatif oubli du prisonnier de guerre français n'est pas récent. Au lendemain du conflit, les contemporains tentèrent de masquer cette réalité en valorisant d'autres figures cardinales. Certains magnifièrent le Poilu, un auteur de hauts faits d'armes pendant que d'autres insistaient sur le sacrifice de toute une génération, dans un culte exclusif des victimes du conflit. Parti dans l'anonymat de la guerre de masse, oublié dans les camps allemands, rentré au pays dans cette ambiance paroxystique de deuil patriotique, le prisonnier de guerre ne pouvait légitimement trouver sa place dans cette société. Il allait errer dans ce monde de l'entre-deux-guerres d'abord, puis dans les mémoires, sans aucune reconnaissance de sa souffrance. Découvrir, à partir de son courrier, le cheminement d'un prisonnier de la première guerre mondiale nous permet d'appréhender une réalité complexe. Plus encore que ce sort commun partagé par tous les prisonniers, l'auteur nous fait vivre une véritable odyssée qui nous mène des combats de 1914 au retour au pays en 1919, en passant par les divers camps d'internement qui furent autant d'épreuves pour les captifs.

  • «?Huit heures quarante. Un commandement retentit?: Baïonnette au canon?! Avec quel tremblement nerveux nous la tirons de son fourreau pour la fixer au fusil?!?» A l'origine de ce livre, il existe un cahier d'un peu moins de cent pages soigneusement rédigées à l'encre bleue par Charles Davienne, un jeune typographe natif de Laon et soldat de la classe 1914. Dans ce qu'il appelle son « journal de guerre », il souhaite transmettre à sa famille un témoignage « juste et vrai » de son expérience de combattant. Ce texte, qui évoque essentiellement les deux premières années du conflit, met en lumière le destin de cette classe 1914 qui, plongée brutalement dans une violence guerrière insoupçonnée, a payé un lourd tribut au premier conflit mondial. Vingt ans est un âge mythique entre tous, celui de tous les possibles. Mais avoir 20 ans en 1914 aura été pour toute une génération une véritable malédiction. Après avoir consacré un premier livre à la vie des soldats français retenus prisonniers dans les camps allemands, l'auteur s'est intéressé, dans un second ouvrage, au sort réservé aux populations civiles dans les territoires envahis durant la Grande Guerre. Dans cette nouvelle publication, il donne la parole à ceux dont les vingt ans ont été marqués par l'entrée en guerre de la France en août 1914...

  • « On n'a pas encore pris toute la mesure du malheur, de la violence et de la souffrance qui se sont abattus sur les populations qui ont vécu la Grande Guerre. » Annette Becker. Si les notions de front et d'arrière conviennent parfaitement à la France en guerre de 1914 à 1918, il existe des territoires envahis où la distinction entre les deux espaces s'avère impossible. Pendant cinquante mois, entre l'été 1914 et l'automne 1918, dix départements français sont sous le joug de l'ennemi, qui s'y comporte en conquérant. Le civil du Nord subit, pendant ces années de guerre, la loi du vainqueur. Les conséquences de l'invasion sont très dures : le quotidien est fait de privations, de souffrances, d'humiliations, il apporte son lot d'inquiétudes et ses morts. Loin des grandes villes industrielles du département, le sud du Hainaut français et l'Avesnois sont mis en coupe réglée par l'ennemi qui puise sans compter à la fois dans les ressources agricoles et dans les moyens humains. L'expérience vécue pendant cette période a été soigneusement consignée par les notables de la région : médecins de campagne, prêtres, maires, instituteurs. Leurs témoignages, complétés par un méticuleux travail de recherche, ont permis à l'auteur de dresser un tableau très révélateur de ces années noires.

  • En août 1914 ils quittent leurs villages pour le grand saut dans l'inconnu : la guerre réclame son tribut. Tous espèrent être rentrés avant les fêtes de Noël mais le conflit va durer plus de quatre années. Soldats originaires du Quercitain, ils traversent les champs de bataille de la Première Guerre mondiale : la Marne, Verdun, la Somme ou encore le Chemin des Dames. Ce livre offre donc un voyage à travers le premier conflit mondial en s'attachant à des destins divers et trop souvent tragiques.

empty